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Prendre sa retraite à Ubud : ce que ça coûte vraiment

Ubud est presque toujours présentée avec le même argument : « Bali a un visa retraité dès 55 ans ». C'est exact. Ce qu'on ne vous dit pas, c'est que ce visa est précisément ce qui vous rend résident fiscal indonésien — imposable sur vos revenus mondiaux, dès sa délivrance et quel que soit le temps réellement passé sur place. Le reste est réel aussi : des rizières en terrasses, 1 010 € par mois pour une personne seule, une communauté internationale dense. Mais commençons par le piège, parce qu'il est coûteux.

L'essentiel en un coup d'œil

1 595 €par mois, couple — hors assurance santé
1 010 €par mois, seul(e) — hors assurance santé
480 €loyer T2
16 hde vol — la plus éloignée du classement
26 à 27 °Ctoute l'année, sans exception
48/100notre note de santé

Le piège du KITAS : le visa qui vous rend imposable

L'Indonésie impose ses résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux, pensions étrangères comprises, au barème progressif. Jusque-là, rien d'inhabituel : c'est le régime de l'Espagne, du Mexique ou de l'Argentine.

La particularité indonésienne est ailleurs, et c'est elle qui surprend.

Dans la plupart des pays, la résidence fiscale se déclenche au 183e jour de présence effective. On peut donc, en théorie, organiser son séjour. En Indonésie, un KITAS d'une validité supérieure à 183 jours vous rend résident fiscal dès sa délivrance — indépendamment du temps que vous passez réellement sur place. Vous pouvez vivre six mois en France : le titre suffit.

Autrement dit : le visa retraité que tous les guides présentent comme l'atout de Bali est exactement ce qui déclenche l'imposition. Il n'existe pas de version « je viens six mois par an et je reste hors du système ». Le KITAS lansia est un package, et sa face fiscale ne se négocie pas.

La convention France-Indonésie permet d'imputer l'impôt déjà acquitté en France, ce qui évite la double imposition — mais n'annule pas le passage au barème indonésien. Nous notons ce critère à 52 sur 100, l'un des plus faibles de nos destinations asiatiques.

Faites chiffrer ce que le barème indonésien donne sur votre pension avant de déposer une demande de KITAS, pas après : c'est l'ordre inverse de celui que suivent la plupart des candidats.

✓ Régime vérifié sur sources officielles en août 2026

Seize heures de vol : la destination la plus éloignée du classement

Aucune de nos 82 villes n'est plus loin. Seize heures de trajet, aucun vol direct, correspondance obligatoire — et une fois à Denpasar, il reste la route jusqu'à Ubud.

Ce chiffre décide de choses très concrètes. Vos enfants viendront une fois tous les deux ou trois ans, pas deux fois par an. Un aller-retour d'urgence en France — un décès, une hospitalisation dans la famille — se compte en deux jours de voyage et en billets pris au dernier moment. Et à 78 ans, faire seize heures d'avion n'est plus la même chose qu'à 62.

Ajoutez sept à huit heures de décalage horaire : les appels avec la France se coincent en fin de journée ou tôt le matin.

Santé : 48 sur 100, et l'hôpital est à 1 h 30

Comme à Hoi An, la médecine courante est correcte et bon marché — consultations, soins dentaires, analyses. Ce qui manque est le niveau supérieur.

Ubud est une petite ville de l'intérieur : les hôpitaux de référence sont à Denpasar, à environ 1 h 30 de route. Pour un infarctus ou un accident vasculaire, ce trajet n'est pas une formalité — c'est le facteur qui décide de l'issue. Nous notons par ailleurs la présence consulaire à 35 sur 100.

Hors Union européenne, le formulaire S1 ne s'applique pas. Assurance santé internationale indispensable, en supplément du budget, avec évacuation sanitaire régionale explicitement couverte — vers Singapour notamment, qui est la référence médicale de la zone. Sur cette destination, c'est la clause qui compte.

Vaccinations : le point rage mérite qu'on s'y arrête

Hépatite A et typhoïde recommandées, risque de dengue présent.

Et surtout : la rage circule à Bali, et les morsures de singes sont possibles à Ubud même. Ce n'est pas une mise en garde de principe : la Forêt des singes est au cœur de la ville, les macaques y sont nombreux et habitués à l'homme, et les morsures et griffures de visiteurs sont un motif de consultation courant.

La rage est mortelle une fois déclarée, et le traitement après exposition doit être administré très rapidement — ce qui suppose d'être près d'un centre équipé. Parlez de la vaccination préventive à un centre de vaccinations internationales avant le départ : pour une installation durable à Ubud, la question se pose sérieusement.

Le budget, poste par poste

Détail pour un niveau de vie comparable à celui que vous avez en France.

PosteCoupleSeul(e)
Logement480 €T2 ou petite villa340 €studio / T1
Alimentation440 €264 €
Énergie, eau, internet155 €93 €
Transport120 €scooter ou chauffeur72 €
Loisirs, restaurants230 €138 €
Divers, santé courante170 €102 €
Total1 595 € / mois1 010 € / mois

Le salaire net moyen local tourne autour de 300 € — l'un des plus bas du classement. Un repas au restaurant coûte 6 €, un café 2 €.

Nous notons le pouvoir d'achat à 82 sur 100. Mais la ligne transport à 120 € mérite une explication : Ubud n'a pas de transports publics utilisables, et tout se fait en scooter ou avec un chauffeur. Le scooter est le mode de déplacement local — et c'est aussi la première cause d'accident chez les étrangers à Bali. Prévoyez le chauffeur plutôt que le deux-roues, et vérifiez que votre assurance ne l'exclut pas.

Climat : plat et doux, avec un vrai avantage

Min 26°Moyenne 26°Max 27°

Nous notons ce climat 62 sur 100, un peu au-dessus de Kuala Lumpur pour une raison précise.

Un degré d'amplitude sur l'année : saison sèche d'avril à octobre, saison des pluies de novembre à mars, mais la température ne bouge pas. L'avantage d'Ubud est son altitude modérée : les nuits y sont sensiblement plus fraîches que sur la côte balinaise — ce qui change beaucoup pour le sommeil, et allège la climatisation. Cela explique aussi une qualité de l'air notée 75 sur 100, très correcte pour l'Asie.

Comme partout sous ces latitudes : aucune saison ne marque le passage du temps. À tester par un séjour long avant de s'engager.

La communauté : nombreuse, mais est-ce la vôtre ?

Ubud abrite une communauté internationale très importante, avec des services entièrement adaptés aux étrangers — c'est un atout réel, et l'une des raisons du succès de la ville.

Mais il faut regarder de qui elle est faite. Ubud est un pôle mondial du bien-être, du yoga et du travail à distance : la population étrangère y est majoritairement jeune, de passage ou installée pour quelques années, organisée autour de retraites spirituelles, de studios de yoga et de coworkings.

Ce n'est pas une communauté de retraités. À 68 ans, vous trouverez des services, de l'anglais partout et des gens agréables — mais pas nécessairement des pairs, ni le réseau d'entraide durable qui se constitue à Chiang Mai ou en Algarve. C'est une nuance que peu de guides font, et elle pèse sur les années où l'on a besoin des autres.

La comparaison à faire : Chiang Mai

Chiang Mai revient à 1 570 € par mois, soit 25 € de moins qu'Ubud. À prix pratiquement identique :

Ce qu'Ubud garde : une qualité de l'air très supérieure — 75 contre 40, car Chiang Mai subit une saison des brûlis sévère au printemps — un cadre naturel remarquable, et une présence consulaire un peu meilleure (35 contre 15).

Autrement dit : si l'air est votre priorité absolue, Ubud se défend. Sur tous les autres critères qui comptent après 65 ans, Chiang Mai fait mieux au même prix. Nous préférons l'écrire.

La vie sur place

Et si vous n'êtes pas retraité ?

Cette page raisonne d'abord du point de vue d'un retraité français. Si vous vivez de vos placements ou travaillez à distance, trois choses changent.

La fiscalité — le piège reste, sous une autre forme. L'imposition indonésienne sur les revenus mondiaux vise tous les résidents fiscaux, quel que soit le profil. Et la règle du KITAS supérieur à 183 jours s'applique de la même façon aux titres de séjour non retraités : c'est le point à vérifier avant de choisir votre visa, pas après l'avoir obtenu.

La santé. Hors Union européenne, rien ne change : assurance privée obligatoire. Mais une note de 48 sur 100 et 1 h 30 jusqu'à l'hôpital pèsent beaucoup moins à 40 ans qu'à 75.

La connexion. Connectivité notée 58 sur 100 : c'est peu, et c'est le paradoxe d'un des pôles mondiaux du travail à distance. Les coworkings d'Ubud compensent par leurs propres liaisons, mais ne comptez pas sur la connexion d'un logement ordinaire pour un travail exigeant. Ce point est régulièrement sous-estimé par ceux qui s'installent.

Le comparateur tient compte de ces écarts : choisissez le profil Rentier ou Nomade numérique plutôt que Retraité, et le classement se recompose.

Pour qui Ubud est faite — et pour qui elle ne l'est pas

C'est fait pour vous si...

Passez votre chemin si...

Ubud correspond-elle vraiment à vos priorités ?
Comparez-la à 81 autres villes selon vos propres critères — fiscalité, santé, éloignement, climat, budget.

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Les trois démarches à traiter en premier pour Ubud

Elles ne sont pas les mêmes d'une ville à l'autre. Pour Ubud, l'ordre de priorité que nous retenons est celui-ci :

  1. Le bilan fiscal — chiffrer le barème indonésien sur votre pension avant de demander le KITAS, pas après
  2. L'assurance santé internationale — avec évacuation sanitaire vers Singapour explicitement couverte
  3. Les vaccinations — dont la question de la rage, à poser à un centre de vaccinations internationales
Voir les démarches pour Ubud

Nous orientons vers des prestataires disposant déjà de l'agrément requis pour leur métier. Le contrat et le conseil relèvent d'eux, jamais de nous. Certains de ces liens sont rémunérés, sans surcoût pour vous.

Villes comparables

Chiang MaiThaïlande · 1 570 € · même prix, santé 82 au lieu de 48, mais air très dégradé au printemps PhuketThaïlande · 1 855 € · 260 € de plus, mais bien meilleure santé et 4 h de vol en moins Da NangVietnam · 1 390 € · 205 € de moins en bord de mer, mais aucun visa retraité au Vietnam

Loyers relevés sur les portails immobiliers locaux en location à l'année, à l'exclusion des meublés touristiques, salaires issus des statistiques nationales ; régime fiscal vérifié sur sources officielles en août 2026. Le déclenchement de la résidence fiscale indonésienne par la seule délivrance d'un KITAS de plus de 183 jours rend le calcul préalable indispensable et propre à chaque situation : il relève d'un fiscaliste. Ces chiffres sont des estimations générales à visée informative. Voir nos mentions légales.